La publicité ciblée doit pouvoir continuer à exister

Lorsque nous entendons des cri tiques à propos des réseaux so ciaux, l’une des principales préoccupations est la publicité ci blée. On nous explique que cette pu blicité exploite les consommateurs et les bombardent de publicités en ligne. Cependant, il faut reconnaître que les outils technologiques nous donnent la possibilité de contrôler nos publicités et que le ciblage nous expose moins à des publicités qui ne nous intéressent pas.

Chaque jour, les publicités ciblées sont utilisées par des petits acteurs comme un salon de coiffure à la recherche de nouveaux clients, un groupe environnemental qui demande des signatures sur une pétition, ou un candi
dat politique qui cherche à se faire connaître.

Tous ces éléments sont importants et même vitaux pour nos sociétés civiles en Europe. Ces groupes paient pour attirer notre attention sur les réseaux sociaux parce qu’ils accomplissent quelque chose d’essentiel : générer des affaires, défendre des causes sociales ou gagner des élections. Cette démarche est facilitée par les réseaux sociaux sur lesquels nous affichons et
partageons des informations.

Comme les médias sociaux sont généralement gratuits pour les utilisateurs, le fait d’accepter cette publicité permet aux plateformes de se développer et de s’étendre pour continuer à offrir de la valeur aux utilisateurs. Ceci est un équilibre que la plupart d’entre nous comprennent. Certains sont légèrement ennuyés, mais la plupart préfèrent une
publicité qui répond à leurs intérêts.

Malheureusement, cette situation a donné des arguments à des militants anti-publicité et aux hommes politiques qui veulent l’interdire pour limiter la capacité à diffuser des informations sur les médias sociaux. En octobre, les députés européens ont voté à une écrasante majorité en faveur d’une restriction sévère et, à terme, d’une suppression progressive des publicités ciblées. La proposition était un amende ment au rapport annuel sur la concurrence, visant à remanier la loi sur les services numériques. Elle reste non contraignante tant que la Commission euro péenne n’aura pas publié de règlement.

Sur Twitter, l’eurodéputé néerlandais Paul Tang a qualifié le vote de “victoire” contre les grandes entreprises technologiques, ajoutant que “nous voyons que les grandes entreprises technologiques continuent à étendre leur pouvoir de marché en considérant les données personnelles comme une marchandise. En plus d’interférer avec notre vie privée, un tel modèle de revenus est malsain et dégoûtant pour l’internet”.

Les politiciens de Bruxelles se trompent. Ces remèdes politiques finiraient par nuire aux consommateurs et aux petites entreprises, et par réduire à néant le secteur des technologies innovantes qui apporte de la valeur aux utilisateurs dans toute l’Europe. Les réseaux sociaux sont devenues populaires parce qu’elles per mettent aux utilisateurs de s’exprimer, et ils sont deve nus rentables parce qu’ils permettent aux petites entre prises et aux organisations sans but lucratif de trouver des clients, volontaires, ou des donateurs. Toute la société y gagne !

Si la publicité ciblée est démantelée, comme certains l’espèrent, cela limitera fortement les possibilités qu’ont les entrepreneurs et les groupes sociaux de trouver des partisans et des clients. Cela peut sembler bon en théorie, mais en pratique, cela signifie qu’il faut mettre fin à de nombreuses initiatives et entreprises, du recru tement pour les groupes environnementaux à la vente en ligne pourles restaurants pendant ces périodes de confinement, et bien plus encore.

Nous devons accepter le fait que les médias sociaux sont devenus le nouveau marché où nous recherchons des informations. Si nous légiférons et interdisons des méthodes spécifiques de partage d’informations sur les produits et services en ligne, cela réduit le choix des consommateurs et étouffe des industries entières. Cela nuit à tout le monde. Plus que nuisible, elle repose également sur la fausse hypothèse selon laquelle les adultes ne sont pas assez intelligents pour comprendre ou interpréter la publicité. C’est à la fois paternaliste et erroné.

Bien sûr, les publicités sont ennuyeuses pour ceux qui n’en veulent pas. Et, heureusement, la même technologie qui a créé la micro-publicité ciblée a également engendré des plugins de navigation qui permettent de bloquer les publicités. Il existe éga lement des réseaux privés virtuels et des modes de navigation privés qui sont faciles à utiliser pour ceux qui les veulent. Grâce à la technologie, tout ce que nous faisons en ligne est devenu plus efficace, plus performant et moins coûteux. Elle a permis à des organisations à but non lucratif de se faire entendre, à des millions d’entrepreneurs de s’expri mer et aux utilisateurs du monde entier de bénéfi cier d’une valeur inestimable.

En tant que défenseurs d’un internet libre et ouvert, nous devons continuer à soutenir l’innovation et veil ler à ce qu’elle soit protégée contre ceux qui souhaitent en limiter le potentiel. L’Union européenne doit trou ver des moyens d’encourager, plutôt que d’étouffer, l’innovation que chaque citoyen du continent mérite.

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