Qui a peur de la vape ?

Le traitement par l’Organisation mondiale de la santé des substituts au tabac que sont le vapotage et les e-cigarettes démontre l’ineptie de cette bureaucratie tyrannique.

Pour la deuxième fois en deux ans, nous avons été présents dans la tribune publique d’une conférence des Nations unies à Genève lorsqu’un haut fonctionnaire de l’ONU nous a dit que tous les membres des médias et du public devaient être exclus des débats. Cette occasion particulière était l’une des sessions semestrielles de l’ONU pour mettre à jour la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT) de l’Organisation mondiale de la santé.

Cette convention est le premier traité de santé mondiale adopté par l’OMS. Elle a été ratifiée par 181 pays et constitue la base d’un certain nombre de lois nationales à travers le monde, telles que les taxes sur le tabac, les restrictions publicitaires et d’autres mesures telle que le paquet neutre.

Chaque réunion semestrielle est un forum de discussion financé par les contribuables, dominé par divers ministères de la santé et organisations anti-tabac comme la “Campagne pour des enfants sans tabac” et l’”Alliance pour une convention-cadre”.

Ces organisations se voient non seulement accorder le statut d’ »observateur », mais aussi le droit d’intervenir dans les grands débats en plénière et d’utiliser leur plate-forme pour pointer du doigt les délégués de tout pays qui n’adoptent pas une attitude prohibitionniste face au tabac.

Bien que la conférence prétende porter sur la science et la santé publique, il n’en est rien.

Par exemple, les nouvelles technologies de vapotage et e-cigarette sont les aides à l’arrêt du tabac les plus populaires en Angleterre, utilisées par 1,2 million de Britanniques selon les derniers chiffres du gouvernement. Un rapport de Public Health England indique que le vaping peut réduire les risques pour la santé de 95% et augmenter les chances d’arrêter de fumer jusqu’à 50%.

Mais les arguments en faveur du vapotage sont rejetés par l’OMS comme étant « non fondés » et « non concluants ». Un représentant d’une ONG a déclaré que les parties présentes à la réunion devraient « s’abstenir de s’engager dans des discussions longues et peu concluantes » sur les produits alternatifs à base de nicotine comme le vapotage.

Les activistes de la vape avaient essayé d’assister à la conférence pour partager leurs histoires sur la façon dont ils ont arrêté de fumer. Des bénévoles du Réseau international des associations de consommateurs de nicotine ont fièrement soufflé des nuages de vapeur d’eau devant les portes de la conférence. Contrairement aux ONG plus prohibitionnistes, on leur a refusé le statut d’observateur.

Le préjugé anti-vape visible a conduit à des affirmations absurdes. Anne Bucher, directrice générale de la Direction de la santé et de la sécurité alimentaire de l’UE, a insisté sur le fait que, bien qu’ils ne contiennent pas de tabac, les dispositifs de vape et d’e-cigarettes devraient être considérés comme des « produits du tabac », soumis aux mêmes lois, restrictions et interdictions.

Le traité lui-même cherchait à appliquer les mêmes restrictions à la vape et aux e-cigarettes qu’aux cigarettes et aux cigares. Cela pourrait en fait entraver la capacité des gens à arrêter de fumer.

Autre groupe méprisé : les journalistes. Les délégués de pays tels que la Chine, le Zimbabwe, les Maldives et l’Ouganda ont déclaré que la conférence devrait se dérouler sans les médias ou le public. « Nous avons affaire à la mafia », a dit le délégué de l’Afghanistan, faisant référence au public assis dans une tribune.

Un représentant du Tchad a déploré que davantage de personnes ne soient pas au courant de la réunion et de son impact. Dans le même temps, il a plaidé en faveur de l’exclusion du public et des médias après la plénière d’ouverture.

C’était une conférence orwellienne. Les propositions qui ont émergé au nom de la protection de la santé publique pourraient sérieusement retarder les améliorations qui ont vu le jour grâce à des alternatives au tabac comme la vape, les e-cigarettes et le snus.

Une chose est toutefois devenue claire : l’ »industrie » tant détestée et les innovations font plus pour obtenir de meilleurs résultats en matière de santé que la bureaucratie supranationale de la santé de l’ONU.

[NDLR : Comment investir dans les innovations, en passant outre la bureaucratie ? Découvrez ici comment participer à la libération légale de la culture du cannabis.]

Yaël Ossowski et Bill Wirtz

Yaël Ossowski est directeur-adjoint de l’agence pour le Consumer Choice Center.

Bill Wirtz est analyste de politiques publiques pour le Consumer Choice Center.

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Si la CAQ souhaite promouvoir l’économie, il faut s’ouvrir au cannabis

Par Yaël Ossowski | Les Affaires

Le nouveau premier ministre du Québec François Legault, de la Coalition Avenir Québec (CAQ), dit qu’il veut remettre plus d’argent dans les portefeuilles des Québécois.

Et maintenant que la CAQ a le mandat d’un gouvernement majoritaire, les paroles vont bientôt se transformer en actions.

Legault et la CAQ ont déjà déclaré qu’ils sont en faveur d’un rôle croissant du secteur privé dans la santé et qu’ils veulent se débarrasser de la bureaucratie au Québec. Cependant, ils veulent réduire les taxes et les impôts.

En outre, la CAQ prétend que la Société des alcools du Québec (SAQ) «profite du statut de monopole pour faire payer davantage les consommateurs» et que le temps est venu de mettre fin au monopole de la vente des produits alcoolisés au Québec.

Chaque proposition représente une occasion historique pour les consommateurs et les entrepreneurs qui vont prospérer davantage.

Mais sur l’enjeu du cannabis, les caquistes ont tort et cette décision fera mal aux consommateurs et aux citoyens du Québec.

Des lois trop restrictives

Comme le Globe and Mail l’a rapporté la semaine dernière, le Québec aura les lois les plus restrictives du Canada en ce qui concerne le cannabis.Dans la version de la loi proposée par le gouvernement précédent, les Québécois se voyaient interdits de cultiver le cannabis à la maison et auraient eu à choisir parmi seulement 25 points de vente dans la province, dont quatre à Montréal. De plus, les prix auraient été fixés par la nouvelle Société québécoise du cannabis (SQDC), et les citoyens n’auraient pu détenir que 150 grammes de cannabis séché par domicile. Or, la CAQ avait voté contre le projet de loi en juin et souhaitait encore plus de réglementation, notamment celle d’interdire la consommation du cannabis dans les lieux publics et fixer l’âge légal à 21 ans.

Déjà, seuls le Manitoba et le Québec interdisent la culture du cannabis à domicile, tandis que le gouvernement fédéral permet jusqu’à quatre plantes.

Pour Legault et la CAQ, la «banalisation de la consommation du cannabis» est une mauvaise idée. Sont-ils en train de laisser filer l’occasion de redémarrer le moteur de l’économie québécoise ?

Une économie verte et puissante

En 2019, le marché du cannabis devrait rapporter un milliard de dollars au Québec, soit près du quart de la taille du marché national.

Cela représente non seulement des revenus pour l’État, par les taxes collectées, mais aussi une invitation à des centaines d’entrepreneurs et d’innovateurs à répondre à la nouvelle demande de la population. Le résultat : plus d’investissements et plus d’emplois. Les magasins de cannabis auront besoin de biens et de services, ce qui stimulera en retour l’économie québécois. C’est un scénario gagnant-gagnant.

Cependant, c’est une réalité envisageable seulement si le gouvernement nous offre des lois simples, efficaces et favorables au marché.

Le problème avec l’encadrement d’une loi restrictive est simple : plus elle est restrictive, plus les consommateurs vont se tourner vers le marché noir afin de se procurer leur cannabis. Selon Deloitte, seulement 47 % de Québécois ont l’intention de s’orienter vers le marché légal avec la légalisation. La majorité restera fidèle au marché noir, où il n’y a aucun contrôle de l’État et aucune chance de récupérer les taxes. C’est ça le grand plan de la CAQ ?

Nous espérons que non. La légalisation du cannabis au Canada est une incroyable occasion de montrer la capacité de notre pays d’être un modèle en matière de frais d’innovation, d’entrepreneuriat et de politiques publiques informées et applicables.

Plus que les autres partis, la CAQ se distinguait en étant favorable au marché. Si elle veut garder cette distinction au cours de leur mandat, elle doit s’ouvrir au cannabis.

Yaël Ossowski, journaliste et directeur adjoint de l’Agence pour le choix du consommateur (Consumer Choice Center)

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Le tabagisme sera-t-il bientôt interdit dans les films ?

Le tabac au cinéma a longtemps été problématique du fait du travail des lobbyistes. Aujourd’hui, ceux travaillent aussi à le faire sortir du grand écran.

Ceux qui ont regardé le film “Thank You For Smoking” se souviendront peut-être de la façon très divertissante dont est racontée l’histoire de militants de la lutte antitabac, manifestant pour plus de réglementation, ainsi que de lobbyistes du tabac qui essaient de sauver leur industrie. Afin de raconter cette histoire et de garder les téléspectateurs engagés pendant toute la durée du film, le réalisateur a utilisé de nombreuses exagérations allant de l’enlèvement forcé d’un lobbyiste du tabac, à une proposition de loi visant retoucher rétrospectivement les vieux films pour remplacer les cigarettes par des sucettes.

Pendant de nombreuses années, cela a semblé être une exagération artistique et non quelque chose qui pourrait être sérieusement proposé par des experts en politiques publiques ou des politiciens. Lorsque la ministre française de la Santé, Agnès Buzyn, a proposé fin 2017 d’interdire les cigarettes dans les films français, elle a montré à quel point la réglementation s’était étendue.

Les plans d’action des “militants de la santé publique” consistent à interdire le tabagisme et le vapotage dans la plupart des espaces publics, d’interdire la publicité ainsi que la représentation de marque et de taxer excessivement la publicité. Ces politiques ont connu un succès croissant dans le débat politique. Cela a conduit non seulement à un choix limité pour les consommateurs, mais aussi à l’essor florissant des activités du marché noir, qui bénéficient de l’économie souterraine. A titre d’exemple, il s’avère que 20 pourcent du marché de tabac français se trouvent entre les mains du marché noir.

Mais apparemment, cette intervention dans le libre choix des consommateurs n’est pas la fin de cette surenchère réglementaire. En demandant la censure des films affichant des cigarettes ou des produits à base de nicotine comme les cigarettes électroniques, le lobby de la santé publique va encore plus loin et fait preuve d’un réel désire de limiter la liberté des arts et de la parole au nom de la santé.

À partir du 1er octobre, la Convention-cadre pour la lutte antitabac (FCTC) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et ses 181 États membres se réuniront à Genève pour sa 8ème Conférence des Parties afin de discuter de l’avenir de la lutte antitabac.

Un aperçu de l’ordre du jour de la conférence montre que les délégués discuteront des interdictions potentielles du tabac et de la nicotine dans les médias et au cinéma afin de rendre le tabagisme moins attrayant. Les responsables de l’OMS ont apparemment un plus gros problème avec Sean Connery assis sur sa chaise longue fumant une cigarette qu’avec John Rambo brandissant sa mitrailleuse dans la jungle et tuant des centaines de personnes. La représentation de la violence semble moins problématique que celle des choix de mode de vie.

La conférence sera un champ de bataille sur les sujets, dont la cigarette électronique, qui sont moins nocifs que la cigarette. Alors que les experts de santé publique au Royaume-Uni suggèrent aux fumeurs de passer à des produits sans tabac, comme les cigares électroniques, l’Organisation mondiale de la santé  suggère tout à fait le contraire.

La dernière fois que la Conférence des Parties de l’OMS s’est réunie à Delhi – sous la protection de 5 000 soldats indiens et la plupart du temps à l’abri des regards du public ou des journalistes – la conférence a suggéré à ses membres d’interdire toute publicité et promotion de ces technologies, alors que ces dernières sont jusqu’à 95% moins dangereuses que les cigarettes.

Cette année, la conférence de la FCTC se tiendra à Genève, ville natale de l’OMS, et devrait être plus accessible aux journalistes et aux observateurs publics que les conférences précédentes à Delhi et à Moscou. Espérons que cette dernière attirera l’attention du public sur   le traité de l’OMS qui mine activement au droit des consommateurs de passer à de nouvelles méthodes de consommation de nicotine, et qui attaque maintenant même la liberté de parole tout en encourageant activement la censure étatique.

L’examen du public sera le meilleur moyen de mettre fin à de tels accords antilibéraux.

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L’Allemagne bloque à raison l’avancement de la taxe sur les GAFA

OPINION Alors que la France et l’Espagne font pression pour l’adoption d’une taxe GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple), également appelée «taxe Google», l’Allemagne a choisi une approche plus prudente. A juste titre, selon Bill Wirtz, analyste de politiques publiques pour le Consumer Choice Center

Bruno Le Maire a commencé à promouvoir l’automne dernier ce qui était connu comme la «taxe numérique». Le ministre français des Finances, qui avait mené une campagne de centre droit pour la primaire des Républicains en France, semble avoir trouvé en lui l’âme d’un social-démocrate en arrivant au gouvernement du président Macron.

Bruno Le Maire a qualifié la taxe sur les GAFA «d’équitable» et a appelé à l’unité européenne sur cette question. Pendant la présidence estonienne de l’Union européenne, il a réuni les ministres des Finances des différents pays pour obtenir leur soutien à la proposition. Cependant, les ministres du Danemark, de la Suède, de Malte, de l’Irlande et du Luxembourg ont rapidement manifesté leur opposition, suggérant qu’une telle idée devrait être reprise au niveau de l’OCDE. D’autres critiques affirment que cette mesure pourrait être considérée comme une attaque supplémentaire contre les entreprises américaines, car la plupart des entreprises touchées proviennent d’outre-Atlantique. En septembre 2017, le ministre danois des Finances, Kristian Jensen, a déclaré: «Je suis toujours sceptique à propos des nouvelles taxes et je pense que l’Europe est assez lourdement taxée.»

En juillet 2017, Google a échappé à un projet de loi qui promettait plus d’un milliard d’euros pour le fisc français en raison d’une décision de justice administrative. Le tribunal avait jugé que la société américaine ne pouvait pas être imposée sur les activités de son service AdWords, puisqu’elle n’a pas d’établissement stable en France.

C’est ce qui a déclenché la réaction initiale de l’Elysée, qui cherche toujours à faire rentrer de nouvelles taxes dans son escarcelle et, étant donné la proximité des élections européennes de mai, à transférer ce sujet au niveau de l’Union européenne.

Une taxe qui pénalise le consommateur

Afin de convaincre les élus, Bruno Le Maire avait aussi évoqué la victoire d’Emmanuel Macron contre l’extrême droite en France comme une raison pour accepter la réforme. La lutte contre le populisme et l’euroscepticisme feraient ainsi office d’argument pour prélever de nouvelles taxes pour un gouvernement qui est encore loin d’atteindre ses objectifs budgétaires.

Quoi qu’il en soit, cette taxe pourrait faire grimper le coût de la vie pour un groupe de personnes en particulier: le consommateur européen.

La TVA est reconnue depuis longtemps comme l’impôt qui frappe le plus durement les pauvres, pourtant de nombreux pays de l’UE préfèrent désormais augmenter cette fiscalité indirecte.

A l’heure où les personnes à faibles revenus peuvent avoir un accès plus simple à de nombreux produits grâce à internet, il semble cruel de limiter leur pouvoir d’achat. Si des gens comme Bruno Le Maire veulent parler d’équité, qu’ils s’attaquent à la situation injuste des personnes qui ne peuvent soutenir une augmentation des impôts indirects. Si nous nous soucions des bas salaires, nous avons besoin d’un marché plus compétitif où les entreprises servent les citoyens au meilleur prix et non d’une course à l’augmentation des charges fiscales, déjà astronomiques dans beaucoup de pays de l’OCDE.

En parallèle, le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, s’est distingué par sa volonté de retarder délibérément la progression des discussions. Un document confidentiel du Ministère fédéral allemand des finances, publié exclusivement par le journal Bild, dit qu’il condamne la «diabolisation des grandes entreprises d’internet». Les partisans de la taxe s’insurgent, parce que, évidemment, s’opposer à une idée qu’ils ont lancée il y a tout juste un an doit signifier que cette personne a été achetée par l’industrie numérique.

Craintes pour l’automobile allemande

En réalité, le social-démocrate Olaf Scholz ne la retarde pas pour l’éviter complètement ou par principe, mais plutôt pour des raisons pragmatiques. Les constructeurs automobiles allemands savent qu’ils pourraient subir des tarifs de rétorsion de la part des Etats-Unis si le président Trump considérait cette taxe comme une tentative d’augmenter le niveau de protectionnisme de l’Europe envers les Etats-Unis.

A ce stade, il est peu probable qu’un accord puisse être trouvé avant les élections européennes de mai, et cela en grande partie à cause des retards dus au ministre Scholz.

Indéniablement, l’avenir de l’économie de marché européenne réside dans le développement du secteur numérique. L’idée de tenter de taxer massivement les entreprises en ligne n’est pas un objectif prometteur, ni pour les Etats ni pour leurs consommateurs. Il serait de bon ton de souligner le fait qu’il s’agit avant tout pour certains ministres d’arborer un masque de vertu en s’attaquant aux grandes entreprises du Net au lieu de faire face à leurs véritables responsabilités budgétaires.

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Pourquoi les institutions européennes ne font-elles pas confiance aux consommateurs ?

Les consommateurs ont beaucoup d’exigences à l’égard des institutions européennes, mais une question clé doit vraiment être posée à ceux qui continuent d’avancer l’idée de la nécessité d’un paternalisme étatique de l’Union européenne. Par Bill Wirtz, analyste de politiques pour le Consumer Choice Center.

Il y a ce truisme qui dit que vous ne remarquez ce qui vous manque que lorsque vous ne l’avez plus à votre disposition. C’est l’impression que vous obtenez quand vous remarquez l’immense choix qui se présente dans nos supermarchés. Le progrès n’est pas seulement visible dans le fait qu’il y a des oranges, des épices ou du vin espagnol, mais aussi dans le fait qu’il y a plusieurs choix pour chaque produit. Comparé à la triste réalité des pays où le libre-échange et la concurrence sont des mots étrangers, nos étagères sont colorées et ont un rapport qualité-prix dont nos grands-parents ne pouvaient que rêver.

Mais tout le monde ne partage pas cet enthousiasme pour le progrès de l’économie de marché. Pour les “défenseurs de la santé publique” et les critiques de la mondialisation, notre liberté de choix est problématique, car ceux qui font un libre choix choisiront inévitablement des choses que les autres n’aiment pas. Au fil des années, les institutions de l’Union européenne (UE) ont montré le même niveau de méfiance à l’égard de l’individu.

À la fin du XXe siècle, il semblait évident que nos modes de vie n’étaient pas nécessairement les plus sains : nous buvions, fumions et mangions trop. Pour cette raison, les autorités et les politiciens se sont fiés au concept d’un consommateur éclairé: un consommateur informé est libre de prendre ses propres décisions, mais il doit être informé des dommages qu’il s’inflige par ses choix de consommation.

Pendant longtemps, le consensus semblait être que ce point de départ était rationnel. Mais parce qu’une minorité de personnes ont continué à maltraiter leur propre corps, quelles qu’en soient les conséquences, l’éducation s’est transformée en impositions paternalistes.

Le paternalisme a remplacé l’information

Les nouveaux règlements sur le tabac montrent bien comment le paternalisme a remplacé l’information. En 2015, avant l’entrée en vigueur du règlement de l’Union européenne sur le tabac, le paquet de cigarettes indiquait la quantité de nicotine et de goudron contenue dans chaque cigarette. Les consommateurs qui voulaient réduire leur consommation de nicotine et de goudron pouvaient trouver sur la boîte les informations essentielles.

La directive de 2015 sur le tabac a changé la donne : les politiciens croient que les cigarettes à plus faible degré de nicotine ou de goudron peuvent être considérées comme “plus saines” et ont aboli les contenus pour les remplacer par des avertissements encore plus visibles. Les politiciens semblent penser que tout ce qui est inhalé sous forme de fumée, doit être nuisible de façon comparable. Le fait que cela ne repose sur aucune base scientifique ne semble déranger personne à Bruxelles.

Mais avec une consommation de tabac de l’ordre de 15 à 20% de la population, il est probable que la plupart des lecteurs de cet article ne se sentiront pas nécessairement concernés par cet exemple. Avec des produits comme l’alcool ou le sucre, c’est différent. Même si une majorité écrasante de la population est consciente que l’on doit traiter les deux questions de manière rationnelle, l’État nounou punit par des prix minimums, des taxes plus élevées ou une disponibilité réduite.

Méfiance à l’égard du consommateur

Les dernières propositions sur la limitation de la capacité des entreprises à commercialiser leurs produits témoignent de ce type de méfiance à l’égard du consommateur : les ministres de la santé au conseil de l’UE proposent de réglementer de façon très stricte toute publicité qui peut être vue par un enfant, ce qui comprend toutes les publicités à la radio, sur internet, à la télé, à l’extérieur, dans les bus, métros ou trams ou même des stands dans la rue.

Si nous limitons le marketing, ce ne peut être que parce que nous croyons que les consommateurs sont soumis à un lavage de cerveau et qu’ils sont incapables de se faire leur propre opinion. Dans le cas des enfants il s’agit en plus d’une déresponsabilisation des parents qui sont mis sous tutelle de l’Etat.

La question à laquelle la Commission européenne, qui est à l’origine de la plupart des règlements et propositions de ce type, doit répondre est la suivante : faites-vous confiance au consommateur ? Faites-vous confiance aux citoyens dans sa capacité à faire des choix rationnels pour lui-même ? Et si ce n’est pas le cas, qui fait les meilleurs choix pour eux ?

Ne vous méprenez pas : qu’il s’agisse de sucre, d’alcool ou de tabac, tout doit être consommé avec modération et prudence. Les consommateurs devraient s’informer des conséquences de leurs actes, mais ils devraient rester libres de faire leurs propres choix. Sinon, nous serons les victimes d’un État condescendant qui transforme nos supermarchés colorés en terres stériles.

Ne pas se perdre dans une surenchère législative

Au lieu de nous perdre dans une surenchère législative qui place le consommateur sous la tutelle de l’Etat, c’est aux individus de trouver les solutions au défis de santé publique. Prenons l’exemple de la cigarette électronique: tant que les Etats essayent avec beaucoup d’efforts de faire disparaître le marché du tabac, le marché libre proposent une alternative réaliste aux fumeurs. Les experts de “Public Health England” reconnaissent que vapoter est 95% moins nocif que la cigarette classique, et proposent aux fumeurs de s’arrêter avec la cigarette électronique. En France par contre, l’Etat préfère classer tous les produits qui émettent de la fumée – y inclus les produits qui réduisent considérablement les risques – sous la même catégorie.

Là encore, nous voyons l’énorme mépris du législateur pour le libre choix du consommateur. J’ajouterai même une question supplémentaire: à quand la reconnaissance que l’Etat-nounou ne fonctionne pas?

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Le paquet neutre et l’infantilisation des fumeurs

Le gouvernement belge veut, à son tour, imposer le paquet de cigarettes neutre. Une mesure inutile, coûteuse et infantilisante.

Le gouvernement belge a décidé d’imposer un paquet neutre pour les cigarettes, le tabac à rouler et le tabac pour pipe à eau. Selon le communiqué récent de la ministre de la Santé Maggie De Block :

C’est une décision très importante que nous avons prise aujourd’hui. Les exemples de l’étranger montrent clairement qu’il est très important dans la lutte contre le tabac de rendre l’emballage des cigarettes et du tabac à rouler moins attrayant. Nos administrations vont se mettre immédiatement au travail de façon à ce que nous puissions instaurer cette mesure le plus rapidement possible dans notre pays.

Maggie De Block semble fière de sa décision de supprimer les marques des paquets de cigarettes pour ne pas inciter à sa consommation. Mais le gouvernement a tort dans son approche : le paquet neutre n’est pas seulement paternaliste, il n’atteint pas non plus son objectif.

PAS DE CAUSALITÉ AVÉRÉE ENTRE PAQUET NEUTRE ET BAISSE DE LA CONSOMMATION DE TABAC

L’Australie a été le premier pays à introduire le paquet neutre. Le gouvernement australien prétend que c’est un succès, mais une étude réalisée en 2016 par l’Université RMIT de Melbourne a qualifié cette politique d’échec total. Elle a montré que l’évaluation de la politique par le gouvernement était biaisée, et qu’elle n’a pas réussi à représenter avec exactitude les données qu’elle a recueillies. Il se trouve que l’étude a été menée par les mêmes groupes de personnes qui avaient préconisé cette politique dès le début.

Il est vrai que les taux de tabagisme ont diminué en Australie depuis l’introduction de la politique du paquet neutre en 2012. Mais il est vrai aussi que cette consommation était déjà en baisse avant l’introduction de la mesure. En fait, la baisse du taux de tabagisme a ralenti depuis l’arrivée du paquet neutre, même si le paquet neutre venait en même temps que des hausses considérables du prix des cigarettes.

TOUT PROFIT POUR LE MARCHÉ NOIR

Alors pourquoi l’introduction de cette mesure a-t-elle eu si peu d’effet ? Une face du problème est que l’un des rares bénéficiaires de la politique semble être les contrefacteurs. Comme les paquets simplifiés sont plus faciles à copier que les paquets de marque, le commerce des cigarettes illicites est florissant.

En Australie, de 2012 à 2017, la proportion de cigarettes vendues illégalement est passée de 12 % à 17 %. Il est difficile de dire si les emballages simples ou les hausses de taxes sont les principaux facteurs de cette augmentation. Mais il est certain que l’emballage neutre facilite le travail de ceux qui vendent des cigarettes illégales et moins chères aux consommateurs à faible revenu. Plus tôt cette année, le gouvernement australien s’est engagé à sévir contre l’économie souterraine. Le commerce du tabac illicite était sa principale cible.

MÊME SCÉNARIO EN FRANCE

C’est la même histoire en France, qui a introduit le paquet neutre en janvier 2017. Au cours des six premiers mois, les ventes de cigarettes ont légèrement augmenté de 0,9 % par rapport à la même période de l’année précédente. De plus, les ventes de tabac à rouler ont augmenté de 3,6 % au cours des trois premiers mois de 2017, même après l’introduction d’une nouvelle taxe importante sur le produit.

Le gouvernement français prévoit de porter le prix des cigarettes à 10 euros par paquet d’ici trois ans. Mais encore une fois, même si cela parvient à faire baisser les ventes dans le Tabac local, les consommateurs seront plus enclins à se tourner vers les cigarettes illicites. Selon les estimations actuelles, un tiers des cigarettes sont déjà vendues sur le marché noir en France.

Bien sûr, la corrélation n’est pas une causalité. Il est peu probable que les emballages neutres aient causé la légère augmentation des ventes de cigarettes en France ou ailleurs. Mais il est clair que ces mesures, qui ont été introduites pour réduire les taux de tabagisme, ont échoué… Au lieu de cela, elles ont été une aubaine pour les criminels et la production de produits illicites effectuée dans des conditions douteuses. Lorsque nous calculons les chiffres, la vérité, c’est que le paquet neutre ne fonctionne pas.

PATERNALISME DE L’ÉTAT-NOUNOU

Si Maggie De Block veut prétendre interdire les paquets colorés parce qu’elle pense que les consommateurs sont des enfants, incapables de décider pour eux-mêmes, alors il faudrait qu’elle le dise. En l’occurrence, aucune preuve scientifique ne montre ce que la ministre prétend être de bonnes expériences de l’étranger.

NDLR :

Le Consumer Choice Center est un lobby financé, en partie, par Japan Tobacco International. En Belgique, la Fondation contre le Cancer se réjouit d’une mesure gouvernementale visant à « dénormaliser le tabagisme ». Émanation de ce combat contre la clope, Tabacstop est financée(en grande partie) par les pouvoirs publics.

Au classement européen des « États-nounous » (les États les plus répressifs en termes de manger-boire-fumer), la Belgique figure à la 12e place, derrière la France (6e).

La rédaction de Contrepoints juge que ses lecteurs sont assez matures pour se forger leur propre opinion sur la nocivité de la cigarette, sans avoir à recourir aux discours moralisateurs des gouvernements. Qui financent la lutte contre le tabac tout en ponctionnant les fumeurs.

L’activisme écologique et anti-science dévoilé

Loin de défendre l’écologie, Greenpeace s’oppose à des avancées dans le domaine de la biotechnologie relatives à la santé humaine et à la nutrition

Le portail de recherche autrichien Addendum a publié récemment une vidéo (1) sur les faits, les chiffres et les positions concernant les aliments génétiquement modifiés, connus sous le nom d’ »OGM ».

Pour rédiger ce rapport qui tentait d’expliquer la technologie, les implications économiques et le discours public, Addendum s’est entretenu avec des militants actuels et anciens de Greenpeace, les amenant à révéler la terrible réalité de l’activisme anti-scientifique de cette ONG écologiste.

Quiconque était sous l’illusion que des organisations comme Greenpeace sont de véritables partisans de l’écologie, avec pour seul but l’amélioration de la santé humaine et de la biodiversité, souffrira d’un choc en écoutant les échanges contenus dans la vidéo entre Addendum et Sebastian Theissing-Matei, porte-parole de Greenpeace en Autriche.

Addendum : Dans les magasins bio, je peux acheter des produits fabriqués par irradiation. Est-il judicieux d’autoriser une telle chose tout en diabolisant les autres [les aliments OGM] ?

Theissing-Matei : C’est en effet une incohérence qui est née de notre histoire – il faut être honnête à ce sujet.

Addendum : Greenpeace ne devrait-il pas également lutter contre certains types de pommes vendues dans les magasins bio et produits par irradiation ?

Theissing-Matei : Comme nous l’avons dit, ce sont des produits qui existent depuis longtemps. Il y a des lacunes dans la loi, sans doute. Nous nous concentrons toujours sur les choses qui sont actuellement dans le débat politique.

Addendum : Les arguments de Greenpeace ne devraient-ils pas être fondés sur la réalité, à savoir le danger ou l’absence de danger et l’utilité possible [du progrès technologique], et pas seulement sur la base de polémiques dans les médias ?

Theissing-Matei : Nous sommes une organisation politique. Bien sûr, nous essayons d’agir dans le meilleur intérêt de l’environnement, mais actuellement, le débat politique consiste à déterminer si de nouvelles méthodes de modification génétique devraient ou non être placées sous la législation actuelle sur la modification génétique.

Greenpeace a plus ou moins constamment refusé d’accepter des subventions des gouvernements (y compris de l’Union européenne), ce qui ne met en danger aucun de leurs financements par ce fait. En effet, l’ONG pèse plus d’un milliard de dollars et bénéficie (particulièrement en Europe) du soutien financier des partis politiques écologistes, eux-mêmes entièrement financés par les gouvernements.

Concernant le débat politique dont parle le porte-parole autrichien de Greenpeace, il est intéressant d’entendre une telle chose de la part de cette organisation. En 1996 déjà, Greenpeace manifestait (2) contre l’arrivée d’un navire de transport dans le port de Hambourg, en Allemagne, contenant prétendument la première livraison de soja génétiquement modifié en Allemagne.

Le ministre allemand de la recherche de l’époque avait alors ensuite exigé que les producteurs indiquent pour tous leurs aliments s’ils avaient été génétiquement modifiés. Le débat politique est donc bien orienté par Greenpeace, qui pourtant prétend ici de ne faire que suivre l’opinion.

C’était une chose de s’opposer aux aliments génétiquement modifiés en 1996 mais nous sommes dans une toute autre situation 20 ans plus tard. La récente analyse publiée par la revue scientifique Nature concernant le maïs génétiquement modifié et portant sur les caractères agronomiques, environnementaux et toxicologiques montre clairement que les insectes qui ne se nourrissent pas de maïs ne sont pas touchés et que le maïs génétiquement modifié présente des concentrations considérablement plus faibles de mycotoxines cancérigènes.

[NDLR : Vous souhaitez investir dans le domaine des biotech ou plus largement des nouvelles technologies pour engranger des plus-values dans des secteurs de croissance ? Alors ne ratez pas la « grande collision » qui s’annonce, un événement rare mais porteur de profits considérables. Découvrez-le ici.]

Toutefois pour Greenpeace, ce n’est pas la preuve scientifique qui compte mais la peur sur laquelle l’ONG peut faire prospérer son juteux modèle d’affaires. Ceci est confirmé dans le même rapport par l’ancien militant de Greenpeace, Ludger Wess, qui est aujourd’hui un rédacteur scientifique et l’un des premiers journalistes en Europe à couvrir les industries émergentes de biotechnologie :

« [A l’époque] Greenpeace était en fait ouvert à l’idée des aliments génétiquement modifiés. Ils ont dit : ‘s’il est vrai que les plantes deviennent résistantes aux insectes, c’est bien parce que nous utiliserons moins d’insecticides. Alors on défendra ça.’ »

Après son retour d’une conférence scientifique sur le maïs génétiquement modifié en 1989, Wess est revenu chez Greenpeace :

« Je suis rentré, armé de toute une valise de documents, et après avoir beaucoup discuté avec des scientifiques, ils ont tous pu désamorcer mes soucis sur les OGM. Je n’étais plus convaincu que ce serait un danger pour la santé humaine. Je leur ai dit [à Greenpeace] : nous ne pouvons pas continuer à prétendre que les aliments génétiquement modifiés sont mauvais pour la santé humaine, ce n’est tout simplement pas vrai. On m’a dit que Greenpeace continuerait à défendre cette position car c’est seulement lorsque les gens craignaient pour leur santé ou celle de leurs enfants qu’ils ouvrent leur portefeuille pour effectuer des dons. Tout le reste, n’a pas d’intérêts pour nos campagnes. »

Greenpeace a toujours été intéressé par la publicité plutôt que par un débat constructif et des discussions éclairées. Que ce soit en bloquant violemment les stations-service au Luxembourg, en perturbant de manière agressive le travail d’une plate-forme pétrolière ou en peignant un énorme rond-point en jaune à Berlin, avec des peintures polluantes et un coût de milliers d’euros de nettoyage.

Greenpeace est un groupe d’activistes anti-scientifiques qui utilise l’environnement comme une excuse pour propager des préjugés contre ce qui fait avancer la santé humaine et la nutrition.

Les donateurs actuels de cette organisation devraient se demander s’ils veulent continuer à soutenir cette ONG politique, qui ne respecte pas la vérité.

1-https://www.addendum.org/gentechnik/revolution-in-der-landwirtschaft/

2-https://www.tagesschau.de/multimedia/video/video-228701.html

3-https://www.nature.com/articles/s41598-018-21284-2

4-http://www.greenpeace.org/luxembourg/fr/nos-blogs/30ans-Greenpeace-Luxembourg-GALLERY/2002–-STOP-ESSO/

5-https://www.theguardian.com/environment/2013/sep/20/greenpeace-ship-stormed-russian-coastguard

6-https://www.tagesspiegel.de/berlin/greenpeace-protest-in-tiergarten-wir-haben-noch-keine-rechnung-erhalten/22752364.html

Originally published at http://la-chronique-agora.com/lactivisme-ecologique-et-anti-science-devoile/

L’OMS veut la mort du tigre, du coq et de l’abeille

Les « défenseurs de la santé publique » se tournent vers un grave danger que personne n’a vu venir : les héros dessinés sur les boîtes de céréales.

Et oui, Tony le Tigre, Cornelius le Coq ou Pops l’Abeille voudraient tous du mal à nos enfants… mais pas de panique ! L’Union européenne, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et Jamie Oliver sont là pour nous protéger.

Le chef cuisinier médiatisé, Jamie Oliver, s’en prend en effet aux personnages de bande dessinée sur les boîtes de céréales : au mois de mai, Oliver a prétendu que les figures de super héros ne devraient pas être utilisées pour « colporter de la camelote ».

En témoignant devant le comité de santé et de soins sociaux de la Chambre des communes britannique, qui cherche des solutions sur la lutte contre l’obésité infantile, Oliver disait :

« J’aime Tony [le Tigre] autant que tout le monde, mais j’aimerais voir des figures ambitieuses qui ont une influence sur nos enfants, dans leurs yeux et leur fantaisie« .

Daniel Pryor de l’Adam Smith Institute a partagé un tweet dans lequel il expliquait comment Oliver lui-même utilisait un personnage de dessin animé – Moshi Monster – pour promouvoir un muffin contenant 33,9 g de sucre, soit environ 10 g de plus que la limite quotidienne de sucre recommandée pour les enfants âgés de sept à 10 ans (selon le service national de santé britannique).

Jamie Oliver a enlevé la vidéo depuis, s’étant fait rattraper par sa propre logique contradictoire de « faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais ».

Mais son idée a déjà retenu l’attention des législateurs : au Chili, les personnages de dessins animés ont déjà été interdits. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a fait de la lutte contre les maladies non transmissibles (MNT) une priorité (par exemple, les maladies auto-infligées), écrit dans un rapport de 2010 sur sa stratégie mondiale sur l’alimentation, l’activité physique et la santé :

« Etant donné que l’efficacité du marketing est fonction de l’exposition et de la puissance, l’objectif général de la politique devrait être de réduire à la fois l’exposition des enfants aux aliments riches en graisses saturées, en acides gras trans, en sucres libres ou en sel, et au pouvoir de son marketing. »

En conséquence, l’OMS a avancé dans la définition exacte de ce que ces restrictions devraient impliquer.

En 2012, cet organisme des Nations Unies a annoncé vouloir limiter la commercialisation de ces produits aux enfants, avec un document cadre sur la mise en oeuvre des politiques. Ici, l’OMS donne un exemple de la façon dont les prescriptions politiques pourraient être mises en oeuvre :

« Eliminer toutes les formes de commercialisation de tous les produits auxquels un large éventail d’enfants sont exposés, avec une définition large de ce qui constitue un marketing destiné aux enfants. »

Dans un article publié en 2014, l’OMS citait Amanda Long, Directrice générale de Consumers International, une organisation mondiale de défense des droits des consommateurs :

« Les entreprises alimentaires dépensent des milliards de dollars pour développer un marketing qui fonctionne vraiment ».

Notez que « l’organisation des droits des consommateurs » n’implique aucun droit pour les parents-consommateurs de choisir ce qu’ils estiment bon pour leurs propres enfants.

Le message des propositions du Conseil de l’UE récemment adoptées sur les restrictions de commercialisation reprend les vues de l’OMS. Les ministres considèrent qu’il s’agit d’une question de protection des consommateurs, ainsi que de « réduction des inégalités de santé » et de prévention.

Ces organismes font montre d’une méfiance accrue à l’égard de l’éducation prodiguée par les parents. Interdire les personnages de dessins animés ne sera que la prochaine étape de l’Etat-nounou. Le simple fait qu’un pays ait déjà mis en oeuvre la mesure donnera l’occasion aux « défenseurs de la santé publique » (je continuerai à les appeler ainsi jusqu’à ce que je sois convaincu que c’est ce qu’ils défendent) de jouer avec les statistiques et d’aller jusqu’à rédiger un rapport présentant cette interdiction comme étant « un succès massif ».

Il y a quelques années, cette idée d’interdire les personnages de dessins animés sur des boîtes de céréales aurait pu nous sembler étonnante. Pourtant, l’Etat-nounou nous a amenés jusqu’ici et nous ne sommes plus guère surpris par les suggestions douteuses de ceux qui saisiront toutes les occasions pour prétendre qu’ils « pensent aux enfants ». [NDLR : Vous aimeriez aider financièrement un jeune de votre entourage qui se lance dans la vie étudiante ou la vie active ? Donner, c’est bien, mais mieux vaut éviter que le fisc ne réclame sa part. Découvrez ici comment donner sans donner à Bercy.]

En réalité, sensibiliser aux conséquences des excès de sucre et de graisse est la bonne façon d’aborder ce problème : cela donne du pouvoir aux consommateurs et leur fournit des informations, tout en adoptant une approche non-paternaliste.

Cette approche paternaliste consistant à interdire les personnages de bande dessinée est une politique publique paresseuse.

Les marques sont importantes pour les consommateurs : elles nous procurent de la joie, elles fidélisent la clientèle. Le prix à payer pour vivre dans une société libre, est de devoir prendre nos responsabilités et d’assumer nos propres choix. Entre un enfant qui veut un produit et l’achat réel, il y a encore un adulte servant d’intermédiaire.

Si, cependant, nous commençons à infantiliser les deux, alors nous sommes coincés avec deux enfants qui dépendent de l’Etat.

Originally published at http://la-chronique-agora.com/oms-paternalisme/