Ce n’est pas de la fermeté commerciale, c’est une taxe de 27,6 milliards $ pour les consommateurs canadiens

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Les droits de douane de représailles feraient payer les consommateurs : Carney doit s’expliquer

Montréal (Québec) — Le premier ministre Mark Carney a dévoilé son plan visant à imposer des droits de douane de représailles, dollar pour dollar, sur 27,6 milliards de dollars de produits américains entrant au Canada, à la suite de l’échec des négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis et de la décision du président Donald Trump d’imposer de nouveaux droits de douane généralisés au Canada.

Yaël Ossowski, directeur adjoint du Centre pour le choix du consommateur, a commenté l’échec des négociations et le projet de droits de douane de représailles du gouvernement Carney.

« Si les informations selon lesquelles les États-Unis exigeaient un droit de veto sur les autres accords de libre-échange du Canada sont exactes, le premier ministre Mark Carney a bien fait de quitter la table des négociations. Toutefois, l’échec des pourparlers et les nouveaux droits de douane imposés par le président Donald Trump ne devraient pas automatiquement conduire le Canada à adopter des mesures de représailles similaires. Les politiciens canadiens ont multiplié les interventions dans les médias américains pour expliquer que les droits de douane sont des taxes payées par les consommateurs du pays qui les impose. Ils ont raison, et c’est précisément pour cette raison qu’il serait malavisé d’en imposer au Canada », a déclaré Ossowski.

Bien que de nombreux Canadiens et Québécois souhaitent que le gouvernement fédéral réagisse fermement aux droits de douane de Trump, cette réponse ne devrait pas prendre la forme de nouvelles taxes imposées aux consommateurs canadiens.

« Il est important que les Canadiens se rappellent que les droits de douane de représailles sont des taxes que nous payons, et non les Américains. Les Canadiens sont déjà aux prises avec une forte inflation alimentaire, et près de 50 % d’entre eux affirment qu’une augmentation de 200 $ ou moins de leurs dépenses mensuelles les empêcherait d’honorer toutes leurs obligations financières. Rendre les produits encore plus chers pour les consommateurs canadiens n’est pas la bonne réponse aux taxes supplémentaires que Trump impose aux consommateurs américains », a ajouté Ossowski.

Ossowski a également souligné que Carney devait expliquer précisément pourquoi les négociations commerciales avaient échoué.

« Carney a affirmé que l’une des causes de l’échec des négociations était la volonté de l’administration Trump d’affaiblir les protections accordées à la langue française au Canada et au Québec. Or, l’administration Trump — et Trump lui-même — affirment que ce n’était pas le cas. Carney devrait donc expliquer clairement en quoi consistaient ces prétendues attaques contre la langue française. S’il était uniquement question de règles sur le contenu applicables aux services de diffusion en continu, cet enjeu aurait dû être abordé à la table des négociations. Carney ne devrait pas invoquer la protection de la langue française pour éviter de négocier sur une question commerciale légitime », a conclu Ossowski.

À propos du Centre pour le choix du consommateur

Le Centre pour le choix du consommateur est un organisme de défense des consommateurs indépendant et non partisan. Il met de l’avant les bienfaits de la liberté de choix, de l’innovation et de l’abondance dans le quotidien des consommateurs de plus de 100 pays. On suit de près l’évolution de la réglementation à Bruxelles, Washington, Ottawa, Brasilia, Londres, Genève et partout ailleurs dans le monde.

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