Le gouvernement admet enfin que Postes Canada est au bord du gouffre. La société d'État perd plus de 1 500 milliards de dollars par année et la situation est tout simplement intenable.
Malheureusement, les membres du gouvernement ne semblent pas disposés à adopter une solution véritablement audacieuse qui résoudrait la crise financière que traverse Postes Canada : la privatisation.
Pendant dix ans, les libéraux de Justin Trudeau ont refusé d'admettre l'existence même d'un problème à Postes Canada, malgré d'importants déficits annuels et le besoin répété de renflouements gouvernementaux. Sur ce point au moins, le gouvernement Carney semble différent.
Comme l’a souligné le ministre de la Transformation gouvernementale, des Travaux publics et de l’Approvisionnement, Joel Lightbound, le mois dernier : « Postes Canada est confrontée à une crise existentielle. Depuis 2018, la société a accumulé des pertes de plus de 1 500 milliards de dollars. Rien qu’en 2024, elle a perdu plus de 1 500 milliards de dollars et, en 2025, elle est déjà en voie d’enregistrer des pertes de près de 1 500 milliards de dollars. »
Des pertes de cinq milliards de dollars sur sept ans, c'est tout simplement insoutenable. Et, comme l'a souligné Lightbound, la situation s'aggrave au lieu de s'améliorer.
« Postes Canada est pratiquement insolvable », a-t-il déclaré, ajoutant qu’« une transformation est nécessaire pour assurer la survie de Postes Canada et protéger les services sur lesquels comptent les Canadiens. »
Jusqu'ici, tout va bien.
Les solutions proposées par Lightbound sont des solutions que les gouvernements envisagent depuis des années, mais qu'ils refusent d'appliquer. En fin de compte, les problèmes de Postes Canada sont si graves que même les solutions proposées par le gouvernement ne permettront pas à l'entreprise d'être solvable ni d'éviter de nouveaux apports de fonds publics.
Les solutions proposées par le gouvernement pourraient réduire de moitié les pertes de Postes Canada si elles étaient pleinement mises en œuvre. Cependant, elles n'élimineraient pas complètement le déficit.
Ces solutions comprennent le passage de tous les Canadiens à des boîtes aux lettres collectives, ce qui pourrait permettre d'économiser jusqu'à 400 millions de dollars par année; l'envoi d'une plus grande quantité de courrier par voie terrestre, ce qui pourrait permettre d'économiser 20 millions de dollars; la fermeture de certains bureaux de poste autrefois ruraux devenus suburbains; et l'examen d'une augmentation des prix.
Même la mesure la plus importante de cette liste – la généralisation des boîtes aux lettres collectives pour tous les Canadiens – ne permettrait d'économiser que 1 500 000 $ par année. C'est loin d'être suffisant pour combler un déficit de 1 500 000 $.
De plus, le conflit de travail persiste à Postes Canada. Le syndicat des travailleurs postaux a annoncé une grève dès que ces modestes réformes ont été proposées par le gouvernement fédéral. Et le climat social à Postes Canada perdure depuis près d'un an, le syndicat réclamant des augmentations salariales considérables que l'entreprise peut difficilement se permettre.
En résumé : selon un rapport récent, l’infrastructure et le personnel actuels de Postes Canada ont été conçus pour distribuer 5,5 milliards de lettres par année, mais aujourd’hui, la société d’État en distribue moins de la moitié. Il est impossible que de petits changements puissent régler un problème aussi fondamental.
La seule solution est donc la privatisation. La privatisation a fait ses preuves dans de nombreux pays européens, permettant de transformer des services postaux en difficulté en organisations performantes, rentables et offrant un service client exceptionnel.
Des pays comme l'Autriche, la Belgique, l'Allemagne, la Suède et les Pays-Bas ont tous privatisé leurs services postaux publics il y a des années — avec un grand succès.
En Allemagne, Deutsche Post, notamment, affiche des bénéfices importants et figure parmi les meilleurs services postaux au monde. Des études ont démontré qu'elle continue de surpasser largement Postes Canada, malgré son statut d'entreprise privée.
Il y aura toujours des personnes qui s'opposeront instinctivement à la privatisation. Mais si l'on regarde les pays européens, les services postaux privés ont connu un immense succès.
Postes Canada ne peut absolument pas continuer à fonctionner sous sa forme actuelle. De plus, les solutions proposées par le gouvernement fédéral ne régleront pas entièrement les problèmes auxquels la société d'État est confrontée. Toute option autre qu'une privatisation complète ne fera que repousser l'échéance au lieu de transformer Postes Canada en une organisation plus efficiente, efficace et axée sur le consommateur.
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